Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1900 - tome 158.djvu/124

Cette page n’a pas encore été corrigée


Ceylan sous l’administration coloniale de l’Angleterre


Lorsqu’on a beaucoup voyagé, on donne aux îles une place à part dans les souvenirs des pays d’outre-mer. Elles ont un charme et une originalité qu’elles empruntent à leur isolement même, si bien caractérisé par le mot italien d’isola. Bernardin de Saint-Pierre en a éprouvé l’attrait quand il chanta cette île Maurice, autrefois l’île de France, dont il fit le séjour charmant de Paul et Virginie. Ce bijou des mers australes ne peut donner pourtant qu’une idée très imparfaite du monde tropical au seuil duquel il est placé. Quelles surprises, quels enchantemens nouveaux Ceylan n’eût-elle point réservés à Bernardin, s’il lui avait été donné de la voir après l’île de France ! Ceylan, la contrée magique placée au cœur même de cette zone équinoxiale où s’épanouirent tant de merveilleuses civilisations ! Ceylan, abrégé des Indes orientales !

Aucune contrée au monde n’a su, comme cette île paradisiaque, fasciner les voyageurs qui ont essayé de la décrire. Ils y ont vécu, pour la plupart, de longues années, et ne l’ont quittée qu’à regret. C’est ce qu’attestent les titres mêmes de leurs récits. Le major Skinner nous a donné Cinquante ans à Ceylan ; le major Forbes, Onze ans à Ceylan ; le célèbre explorateur Samuel Baker, Huit ans à Ceylan ; les deux sœurs Marie et Marguerite Leitch, Sept ans à Ceylan ; Gordon Cumming, Deux ans