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Page:Revue des Deux Mondes - 1900 - tome 158.djvu/123

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deux lieues seulement de Fontainebleau. Escorté sur toute sa route par la cavalerie française, traité partout en souverain, il arrive le 14 octobre à Bourron avec la reine Catherine. Le lendemain, Marie est dans leurs bras. Quand Stanislas est venu accueillir sa fille, au pied de l’escalier du château, il l’a vue dans sa gloire nouvelle, entourée de la plus brillante cour, et c’est elle-même qui lui a présenté les princes de la Maison de Bourbon. Pendant les trois journées du séjour, c’est un continuel va-et-vient de la cour entre Fontainebleau et Bourron ; tout le monde veut voir le roi et la reine de Pologne, « car, écrit Voltaire, nous ne connaissons plus ici le roi Auguste. » Stanislas est heureux de témoigner son affection à Louis XV, sa confiance à M. le Duc, et de retrouver avec sa fille les longues causeries qui faisaient le charme de leur vie de jadis. Il a vu de ses yeux la place qu’elle a prise auprès de son mari et combien de garanties entourent son bonheur : « Le grand Dieu soit loué, écrit-il au maréchal du Bourg ; l’amitié du Roi pour la Reine augmente notablement, et se réduit à une grande confiance qu’il a pour elle, On est toujours, Dieu merci, content de sa conduite. Il n’y a rien à désirer que le dauphin. »

Le dauphin devait venir, et la confiance demeurer. Mais cette tendresse du très jeune époux, si vivement manifestée en ces premiers temps, était peut-être autre chose que de l’amour.


PIERRE DE NOLHAC.