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Il faut aussi signaler la lacune qui existe entre l’école primaire et l’enseignement secondaire. Il n’y a pas, comme en France, d’écoles primaires supérieures bien organisées. Les écoles du soir, dont nous avons parlé, et les « écoles dotées » dans lesquelles on donne l’enseignement primaire, avec un peu de latin (grammar school), n’en sauraient tenir lieu.

En dernière analyse, la question confessionnelle est la plus grosse difficulté dans le système des écoles primaires anglaises. Les chefs de l’Eglise anglicane n’ont cessé, depuis 1870, de réclamer contre le caractère neutre de l’instruction religieuse dans les écoles des bureaux scolaires ; non contens d’imposer l’apprentissage du catéchisme un jour par semaine à tous les élèves des écoles libres, qu’ils soient Anglicans ou non-conformistes, ils voudraient conquérir les écoles de bureau scolaire et y faire donner l’enseignement dogmatique. A la suite des élections de 1893, qui avaient donné la majorité aux conservateurs, le bureau scolaire de Londres lança une circulaire qui prescrivait un enseignement très analogue à celui de la confession anglicane. Ils voudraient, comme l’exprime une lettre pastorale des évêques de Londres et de Rochester, que l’instruction confessionnelle fût confiée aux membres ordinaires du corps enseignant de l’école — et non pas à des maîtres spéciaux, délégués par les chefs de telle ou telle église. Ils s’efforcent de faire accordera leurs associations scolaires un droit de priorité pour l’ouverture d’écoles nouvelles, et résument leurs revendications dans cette formule : « Contrôle de l’État, mais administration des écoles par chaque confession respective. »

La réaction n’a pas tardé à se faire sentir contre cette tendance de l’Eglise établie à accaparer la direction au moins religieuse de toutes les écoles. Après la déclaration de la majorité des instituteurs de Londres refusant de donner l’instruction dogmatique, les électeurs envoyèrent au bureau scolaire de Londres une majorité libérale (25 novembre 1897) qui supprima la circulaire sur l’enseignement dogmatique.

Les libéraux, à leur tour, accusent les Anglicans de vouloir se servir de l’école comme d’une pépinière pour recruter les membres de leur église et de n’admettre parmi les « élèves-maîtres, et dans leurs trente écoles normales les jeunes gens de familles non-conformistes qu’à condition de se convertir à l’anglicanisme. La clause de liberté de conscience, disent-ils, n’est en