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A ces conditions-là, et, bien entendu, sur un avis favorable de l’inspecteur, une école primaire libre ou de bureau scolaire a droit à une subvention de l’Etat. D’après M. Forster, l’auteur de la loi de 1870, l’instruction élémentaire d’un enfant coûtait en moyenne 30 shillings par an. Un tiers environ était pris à la charge du conseil privé, c’est-à-dire de l’État ; des deux autres tiers, l’un était payé par les parens de l’élève, et l’autre par les souscripteurs (école libre) ou par les contribuables (école de bureau scolaire). Ces règles furent complétées par l’article dit Cowper Temple du nom de l’auteur de l’amendement, adopté par la Chambre et qui forme l’article 14 de la loi de 1870 : « Toute école de « bureau scolaire » sera conduite suivant les conditions requises par les écoles publiques élémentaires. On n’y enseignera aucun catéchisme, ni formulaire distinctif de telle ou telle confession religieuse. »

Sous réserve de cette observation, un bureau scolaire peut faire donner dans les écoles qui dépendent de lui telle instruction religieuse qu’il jugera appropriée, et, d’autre part, une école qui n’en donnerait aucune a droit, quand même, à la subvention. En effet, désormais le gouvernement n’accordera aucune subvention en vue de l’instruction religieuse.

Se prévalant de cette liberté, un certain nombre de bureaux scolaires, par exemple à Birmingham et dans le pays de Galles ont supprimé toute instruction religieuse positive ; mais c’est un nombre infime, environ 57 sur 7198. La grande majorité l’y ont maintenue sur la base de la Sainte-Ecriture, beaucoup font même apprendre le symbole apostolique comme étant commun à toutes les confessions chrétiennes. En général cet enseignement consiste dans la lecture de textes de la Bible, expliqués par le maître. On fait en outre apprendre aux enfans l’oraison dominicale et chanter des cantiques très simples au début et à la fin de la journée [1]. D’ailleurs, la loi de 1870 autorisait les inspecteurs autres que ceux de la Beine, en général des ecclésiastiques désignés par l’évêque du diocèse, à examiner les élèves des écoles de bureau scolaire sur ces matières, pendant un jour ou deux. Il pouvait même y donner une instruction religieuse, mais il était tenu d’en prévenir à l’avance le directeur, afin que les parens, qui auraient

  1. Voir le rapport publié par sir G. W. Kekewich, secrétaire du Département d’instruction publique, sur les règlemens concernant l’instruction religieuse dans les Écoles de bureau scolaire sur un ordre de la Chambre des lords (4 février 1895).