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Page:Revue des Deux Mondes - 1899 - tome 155.djvu/702

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réceptivité des souris et des rats pour la peste. Les Hindous et les Chinois la connaissaient depuis des siècles. C’est la mortalité qui se manifeste sur ces animaux qui leur annonce l’irruption imminente de la peste. L’épidémie qui frappe les souris et les rats précède en effet l’éclosion de celle qui frappe les hommes. Les singes, les buffles et les porcs y sont également sujets, mais à un moindre degré. Tous ces animaux succombent avec des accidens et des lésions ganglionnaires analogues à ceux de la peste humaine.

La virulence du bacille de la peste s’affaiblit rapidement dans les cultures, et se restaure par le passage dans les êtres vivans. Mais tout en perdant, lorsqu’il est en dehors de l’organisme infecté, son activité pathogène, il conserve néanmoins son énergie reproductrice, et il pullule à l’état atténué. C’est cette observation qui a servi de point de départ pour les tentatives d’immunisation dont nous allons parler.

Le même agent se trouve dans le sang et dans les sécrétions diverses du sujet atteint de la peste. On a exactement déterminé les circonstances et de lieu et de temps où le microbe se rencontre dans chacune de ces humeurs. En tenant compte de ces renseignemens et en dirigeant l’examen microscopique suivant des règles précises, le médecin peut retrouver chez le sujet pestiféré le bacille infectant. La recherche bactériologique vient apporter au diagnostic de la maladie, dans les cas douteux, la confirmation décisive.


VIII

Propagation par l’air et les objets inertes. — L’étude du bacille de la peste, faite à Hong-Kong par le savant français Yersin et par son collègue japonais Kitasato, a été reprise par les savans de tous les pays. Les gouvernemens ont envoyé des missions d’étude dans toutes les contrées où, depuis 1891, se sont déclarées des épidémies de peste. Deux points, très importans au point de vue pratique, avaient été assignés pour but aux efforts de ces missionnaires. Il s’agissait de déterminer les différens modes suivant lesquels le bacille propage la maladie, afin d’en tirer des moyens de s’opposer à cette propagation. Il fallait, en second lieu, faire sortir, de l’examen attentif de ses propriétés, tes moyens de créer des méthodes d’immunisation ou de traitement.