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Page:Revue des Deux Mondes - 1899 - tome 155.djvu/662

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est bien un proverbe de cuisinier, je dirai même de cuisinier de Montmartre plutôt que du Pamir : il devrait avoir honte de le proférer dans un cadre aussi grandiose que celui qui nous entoure.

Cependant ce dicton ultra-moderne existe réellement en Turkestan. J’ai voulu en avoir le cœur net et j’ai contrôlé plus tard le fait en interrogeant des indigènes. Et pour que Ton ne s’imagine pas, à Paris, que je l’invente à plaisir et qu’il s’agit d’une facétie de mauvais goût, je vais citer le texte même. Le voici : « Aïkki goutchkourni bachi bor kazanda kaïnamach [1]. » Ceux de mes lecteurs qui savent le djaggataï peuvent vérifier la traduction.

Durant cet entretien philosophique, nous avons achevé, avec l’aide de nos hôtes, de manger les derniers reliefs du mouton de la veille. Il n’en reste pas une bribe quand nous nous mettons en route.


EDOUARD BLANC.

  1. J’ai entendu dire aussi, depuis : « Aïkki oudjdi bachi…, deux têtes d’Ovis Police qui est à la fois plus vrai, moins vulgaire, et d’une meilleure couleur locale. L’énorme tête de l’Ovis Poli, avec ses gigantesques cornes roulées, qui atteignent jusqu’à trois mètres de développement, justifie l’assertion, et en même temps l’animal est spécial à la région pamirienne.