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Page:Revue des Deux Mondes - 1899 - tome 155.djvu/312

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La France du Levant


VI. LES CHANCES D’AVENIR [1]


Notre puissance dans le Levant ressemble à une place investie par un siège long et habile : les remparts sont partout menacés ; en maints endroits les brèches s’ouvrent. Rien néanmoins n’est perdu, si nous n’abandonnons pas nos défenses et nous-mêmes. Il nous appartient encore de transformer notre influence politique, de reconquérir notre marché commercial, d’étendre notre protectorat religieux.


I

L’accord politique de la France et de la Turquie a été, de François Ier à la Révolution, une alliance de couronnes et non une amitié de peuples. Mahométane et catholique, les deux civilisations étaient trop contraires pour se mêler ni se comprendre, et les Français ne se sentaient guère moins étrangers aux races chrétiennes qui, sous le joug ottoman, semblaient n’avoir même pas gardé le souvenir de l’indépendance.

Cette mémoire se réveille en elles à la voix de la Révolution française. Dès lors, nos bons offices en faveur de la Turquie nous permettent d’obtenir pour ses sujets chrétiens un sort meilleur et une autonomie progressive. Cette transaction réussit et dure tant que l’Islam se plaît à emprunter de l’Occident les réformes, tant

  1. Voyez la Revue des 15 novembre et 15 décembre 1898, du 15 janvier, du 1er mars et du 15 avril 1899.