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Page:Revue des Deux Mondes - 1899 - tome 153.djvu/364

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cratie et d’édifier un empire colonial, lourdes tâches dans lesquelles nous sommes encore novices. Leur caractère diffère moins du nôtre que beaucoup de gens ne le pensent ; le « flegme hollandais » n’est bien souvent que de la timidité, et il faut mal les connaître pour ignorer combien ils savent être aimables et enjoués. À ces motifs que nous avons de les consulter vient s’en ajouter un autre tout d’actualité. Nous nous sommes repris à discuter avec passion l’opportunité de substituer l’enseignement des langues vivantes à celui des langues mortes. La Hollande, où les deux enseignemens se meuvent côte à côte, pourrait nous dire quels résultats on doit attendre d’une telle réforme au point de vue de la culture générale de l’esprit. Ce n’est pas là, toutefois, ce qui me paraît devoir nous préoccuper en premier lieu. Nos lycéens manquent, avant tout, de caractère ; une réforme de ce genre ne saurait y remédier. Elle a, sans doute, son importance et vaut qu’on la discute. Mais combien il est plus urgent de savoir définitivement si c’est par l’autorité ou par la liberté que nous avons le plus de chances de former les citoyens dont la France a besoin !…

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Le petit Hollandais fait ses débuts à l’école élémentaire, une sorte d’école primaire qui le garde plus longtemps et le mène plus loin que la nôtre. À douze ou treize ans, il entre au « gymnase » ou à l’« école moyenne » pour y recevoir, toujours comme externe, ce que nous appelons l’enseignement secondaire. Au delà, plusieurs routes s’ouvrent devant lui. Les universités, — Utrecht, Leyde, Amsterdam et Groningue, — peuvent faire de lui un avocat, un médecin, un théologien, un professeur. L’École polytechnique de Delft, qui est une sorte d’université scientifique, lui conférera des diplômes d’ingénieur des ponts et chaussées, d’ingénieur civil, d’électricien, d’architecte… À Delft également se trouve l’école coloniale qui le préparera aux examens des Indes[1]. Enfin l’armée, la marine, l’agriculture ont leurs écoles spéciales, vers lesquelles il devra obliquer un peu plus tôt, s’il se sent la vocation d’y faire son avenir. Suivons-le quelques instans à travers cette filière.

  1. Voir l’intéressante brochure de M. J. Chailley-Bert : La Hollande et les fonctionnaires des Indes Néerlandaises.