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Page:Revue des Deux Mondes - 1899 - tome 153.djvu/363

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L’ÉDUCATION EN HOLLANDE
COLLÉGIENS ET ÉTUDIANS




L’éducation publique, dans le monde moderne, tourne plus ou moins autour de deux formules qu’on pourrait appeler, — si ce langage n’était un peu trop absolu, — la formule de la contrainte et celle de la liberté. Toutes deux tendent bien au même but, la grandeur de la race, mais par des moyens différens : l’une en émancipant les énergies individuelles, l’autre en les subordonnant. La France, semble-t-il, hésite à faire un choix. Sur le terrain de l’éducation comme sur beaucoup d’autres, ses aspirations politiques l’entraînent d’un côté, tandis que ses habitudes administratives la retiennent d’un autre. Il résulte de cette contradiction une sorte d’incertitude pédagogique dont tout le monde se plaint et que personne, jusqu’ici, n’est parvenu à dissiper.

Ceux qui ont coutume d’interroger les étrangers, — les uns, trop enthousiastes, pour les copier, les autres, plus sages, pour s’inspirer seulement de leur expérience, — se tournent volontiers, en cette occurrence, vers l’Angleterre et vers l’Allemagne. Mais les Allemands et les Anglais ne sont pas seuls aux prises avec le problème de l’éducation et nous aurions intérêt à savoir comment les autres peuples l’ont résolu et à laquelle des deux formules ils se sont ralliés. Qu’en pensent, par exemple, les Hollandais, eux qui par la géographie touchent à l’Allemagne et dont l’histoire est pleine de contacts anglais, — une admirable histoire d’ailleurs où se succèdent les luttes les plus grandioses : luttes pour l’existence sur un sol toujours menacé par la nature, luttes pour la liberté contre de redoutables adversaires. Ils excellèrent, avant tous les autres, dans l’art de gouverner une démo-