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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 143.djvu/62

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L’Allemagne religieuse


LA VIE PROTESTANTE : ÉGLISES OFFICIELLES ET SECTES


Sous un balcon du château de Cobourg, protégé contre le soleil par un écran de lierre, s’aligne une fresque, déjà vieille de deux siècles. Elle remet sous nos yeux le cortège nuptial du duc Jean-Casimir : lansquenets, fauconniers, musiciens, piqueurs, composent la somptueuse escorte ; et puis défilent, remorqués par le char des époux, quatre conseillers des affaires temporelles et trois conseillers des affaires spirituelles : le duc traîne à sa suite, en son voyage de Cythère, les deux bureaucraties qu’il tient à son service, celle d’Etat et celle d’Eglise. Au temps où fut brossée cette fresque, l’Eglise protestante, dans les divers pays allemands, n’était rien de plus qu’une vassale du prince ; sous la pression de ce vasselage, toute spontanéité était écrasée ; les institutions ecclésiastiques, le ministère pastoral, les consciences mêmes des fidèles étaient choses d’Etat. Réveillé par deux siècles d’influences piétistes ou exotiques, à demi émancipé par les révolutions politiques de l’âge contemporain, le christianisme évangélique, dans l’Allemagne d’aujourd’hui, nous offre une plus grande richesse, une plus grande complexité d’aspects ; et pour en ramasser sous nos regards un tableau à peu près complet, ce ne sera pas trop de les arrêter en plusieurs endroits de l’horizon. Des conseils des princes, chefs nés de la religion, il nous faudra descendre jusqu’à la masse des sujets baptisés, groupés, suivant les hasards du domicile, en communautés paroissiales ; et si ce spectacle devait