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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 143.djvu/246

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On donne une autre explication à son attitude, à savoir la mauvaise humeur qu’elle éprouve par suite des événemens asiatiques, la révolte d’une partie de l’Inde, les menaces qui se produisent du côté de l’Afganistan, toutes choses dont nous aurons à parler bientôt si elles se développent dans le sens d’une insurrection plus étendue. Les intrigues islamiques n’auraient pas été étrangères à ces mouvemens. Cela est possible, en effet, probable même ; et on comprend que l’Angleterre en fasse retomber son mécontentement sur Abdul-Hamid ; mais nous venons devoir que, par un contre-coup inévitable, la Grèce n’en souffre pas moins, ou plutôt qu’elle en souffre plus que la Turquie. Faut-il répéter :

Quidquid delirant reges, plectuntur Achivi ?

Évidemment, les troupes ottomanes n’évacueront pas la Thessalie avant que la question de l’indemnité soit réglée. Elles détiennent un gage et elles ne l’abandonneront qu’à bon escient. L’opposition britannique n’y fera rien. Cette opposition n’aura qu’un résultat, qui est de prolonger encore de quelques jours ou de quelques semaines une situation qui est mauvaise, fatigante, énervante pour tout le monde. On trouvera sans doute pour l’Angleterre, comme il semble bien qu’on l’avait à peu près trouvé déjà pour l’Allemagne, un biais par lequel on mettra de nouveau tout le monde d’accord. Mais tant de surprises en font toujours craindre de nouvelles. Quel équilibre instable que celui que les ambassadeurs échafaudent et soutiennent si artificiellement à Constantinople ! Quelles fugues extraordinaires que celles du concert européen !


FRANCIS CHARMES.

Le Directeur-gérant, F. BRUNETIERE.