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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 143.djvu/187

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conviendrons volontiers que dans les circonstances qui nous occupent les savans les plus compétens n’ont pas manqué pour les faire respecter. Les richesses archéologiques de Rome se sont singulièrement accrues. Il n’est que juste de le rappeler. On ne saurait faire un grand mérite à l’édilité de la quantité de trouvailles qui ont été faites, puisqu’on ne peut toucher le sol de Rome sans en faire sortir quelques débris intéressans ; mais on peut être reconnaissant du soin avec lequel tout a été recueilli et offert à l’étude.

La première grande voie tracée et heureusement comprise, la via nazionale actuelle, met en rapport le nouveau quartier de l’Esquilin où aboutissent les voies ferrées du nord et du sud, avec le reste de la ville et en particulier avec la colline du Quirinal. Ce fut un travail énorme, il fallut combler une vallée, percer une colline, laisser des palais et des jardins suspendus à une notable hauteur grâce à des substructions considérables. Chaque jour, pendant ces importans travaux, on voyait sortir de terre quelque objet antique, des restes de riches demeures contenant des sculptures et des mosaïques. Romains et étrangers venaient en foule, chaque après-midi à l’heure de la promenade, assister, si la bonne chance les favorisait, à quelque trouvaille. L’ensemble des travaux accomplis depuis 1875 sur l’Esquilin a fait découvrir un si grand nombre de morceaux : statues, bas-reliefs, mosaïques, etc., que l’administration italienne en a formé tout un nouveau musée au palais des Conservateurs au Capitole. Ajoutons encore que l’Esquilin a été fécond pendant ces dernières années en découvertes préhistoriques, ou intéressant le lointain passé de la campagne romaine.

Un jour, pendant ces travaux, M. le sénateur Tommasi Crudeli, bien connu par ses études sur la malaria [1], nous manda de venir vite le joindre ; il voulait nous faire visiter un de ces tunnels antiques de drainage qui sont si nombreux dans la campagne et dans Rome même. La pioche des ouvriers venait de mettre à jour, sur un des côtés de la via nazionale, une de ces galeries souterraines. Nous touchons ici à un très curieux sujet d’observation. Il n’y a guère que vingt ou vingt-cinq ans qu’on a remarqué

  1. Tommasi Crudeli, Il clima di Roma, Rome, 1886. — Voir aussi De Lucii. Dell’ antico e presente stato delle campagne romane in rapporto alla salubrita dell’aria… — De la Blanchère, La Malaria à Rome et le drainage antique. Mélanges d’archéologie et d’histoire de l’École française, t. II.