Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 142.djvu/71

Cette page n’a pas encore été corrigée


Pape envoyât féliciter l’empereur Guillaume à Berlin, à l’occasion du quatre-vingt-dixième anniversaire de sa naissance. Le choix du Saint-Père pour cette mission tomba sur Mgr Galimberti. Il avait été d’abord question de la confier soit au cardinal de Hohenlohe, soit au nonce de Munich. Le premier fut écarté pour des raisons d’étiquette ; le second, par la crainte de blesser les députés du Centre, peu satisfaits du rôle qu’avait dû jouer vis-à-vis d’eux Mgr di Pietro en leur recommandant chaleureusement de voter le septennat militaire. A la fin, le prince de Bismarck, consulte à titre confidentiel par M. de Schlœzer, télégraphia que le secrétaire des Affaires ecclésiastiques extraordinaires serait persona grata. Le Pape se décida à tenir compte de cette recommandation, mais, avant qu’elle ne fût connue, il fit prévenir le gouvernement français des circonstances dans lesquelles il avait été amené à prendre cette détermination.

Dès la veille du départ de Mgr Galimberti pour Berlin, le 17 mars 1887, le ministre des Affaires étrangères, à Paris, apprenait, conformément au désir du Saint-Père, que l’envoyé pontifical serait chargé, pour l’empereur Guillaume, d’une lettre du Pape où il n’était question, en dehors des félicitations d’usage, que du rétablissement de la paix religieuse en Allemagne. Il était aussi bien établi que Mgr Galimberti n’aurait rien autre chose à faire, sur les bords de la Sprée, que de la politique ecclésiastique. En réalité, Léon XIII ne s’était pas arrêté un seul instant aux pensées que certains journaux allemands, et même français, lui prêtaient en lui attribuant le secret désir de réconcilier la République française et l’Empire allemand. Le Pape n’était pour rien dans ces bruits de médiation qui furent du reste démentis en temps utile par l’organe officieux du Vatican, l’Osservatore Romano. Le chef suprême de l’Eglise n’avait pas prêté l’oreille à ce qui lui avait été dit d’un plan de neutralisation de l’Alsace-Lorraine, sachant très bien que l’Allemagne n’admettrait pas une semblable combinaison. Dans l’opinion de Léon XIII, le gouvernement de l’empereur Guillaume avait d’ailleurs eu tort, après la guerre, de prendre ces malheureuses provinces ; ne pouvant se les attacher, il résulterait d’un tel état de choses un perpétuel danger obligeant tous les peuples de l’Europe à s’épuiser par des arméniens ruineux. Aussi le chef suprême de l’Eglise ne se préoccupait-il pas seulement, et il le disait à ce moment même à M. de Puttkamer, ministre de l’Intérieur de Prusse, de la paix