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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 142.djvu/69

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même aux Franciscains, mais il ne devait pas en être de même pour les Pères de la Compagnie de Jésus ; et la diplomatie prussienne ne dissimulait pas que des discours, prononcés en leur faveur à un congrès ‘catholique qui venait d’avoir lieu à Breslau, avaient mécontenté le gouvernement royal. Comment aurait-on pu d’ailleurs laisser les Jésuites rentrer en Prusse, alors que l’accès de la catholique Bavière leur était resté interdit même après la bulle de Pie VII : Sollicitudo omnium Ecclesiarum ? Ce n’était pas seulement en se faisant les avocats des ordres religieux que les orateurs du congrès de Breslau avaient, au gré du pouvoir civil, manqué de prudence et de mesure. L’appel fait par M. Windthorst à la sagesse de l’empereur Guillaume et à l’habileté du prince de Bismarck, en vue d’une restauration du pouvoir temporel, avait déplu à Berlin. « Malgré son grand talent et sa haute autorité », disait à cette occasion le représentant de la Prusse au Vatican, « M. Windthorst se fait vieux, et il l’a prouvé en parlant beaucoup trop, ce qui ne fortifiera pas la fraction du Centre, bien au contraire. »

Léon XIII ne devait donc pas retirer de ces démonstrations trop bruyantes des profits bien considérables, et il ne pouvait pas compter sur l’aide du prince de Bismarck pour affranchir la papauté des embarras de l’état de choses qui résultait de la présence de la cour d’Italie au Quirinal. ¬¬¬

IV

Dans ces conditions, il était à prévoir qu’à la cour pontificale même, on se montrerait assez surpris de la condescendance dont le Pape devait faire preuve envers le prince de Bismarck, en faisant adresser par son secrétaire d’Etat au nonce de Munich, au début de l’année 1887, deux notes où était exprimée l’opinion que la fraction du Centre devait voter le septennat militaire, à propos duquel venait de se produire en Allemagne une crise assez grave pour nécessiter de nouvelles élections au Reichstag. Léon XIII sentait l’opposition grandir autour de lui au sujet d’actes qui portaient la signature de cardinal Jacobini, mais que nul n’ignorait avoir été inspirés par le secrétaire des Affaires ecclésiastiques extraordinaires, Mgr Galimberti, réputé très favorable à la diplomatie prussienne. A l’un des chefs de mission accrédités au Vatican, le Pape disait à ce sujet, le 24 février : « On critique beaucoup