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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 142.djvu/401

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celle de Babylone. Ce quartier était à l’est du temple du Soleil. En allant donc dans cette direction, on rencontre un édifice carré, marché couvert ou caserne, et plus loin une colonne gigantesque qui portait peut-être une statue. Le reste du terrain est occupé par des rues qui toutes se dirigent vers le temple en parlant des fortifications.

Si maintenant on revient sur ses pas et si l’on examine les décombres qui sont à droite de la grande artère, on est aussitôt frappé par une masse énorme de débris ; et, en les étudiant, on constate que ce sont les restes de thermes construits sur un plan d’une extrême élégance. Ils faisaient face au théâtre. On trouve ensuite un bâtiment carré qui a pu être une bibliothèque et l’un de ces lieux destinés aux réunions des lettrés qu’on nommait un musée. Plus loin, vers le nord, avec quatre colonnes en façade, se présente un temple relativement petit. Il est bien orienté, et une inscription, que nous avons citée, le fait connaître : c’est le temple de Baal-Schamin, dieu vénéré dans ces contrées. Enfin, plus loin encore, une basilique chrétienne, et des édifices de différentes formes. De ce côté aussi, toutes les rues sont tournées vers le long portique ; elles y débouchent en face des nies qui s’ouvrent du côté opposé. Enfin, à l’extrémité septentrionale de la ville, derrière un grand tombeau qui sert de perspective à la colonnade avant qu’elle descende vers la porte de Damas, on trouve, sur la pente qui monte à l’acropole, une belle villa et ensuite les restes de ce que l’on nomme le palais de Dioclétien, mais qui semble plutôt un château d’eau ou un nymphée.

Les ruines de Palmyre, dans leur ensemble, ont un relief extraordinaire. Les monumens s’y accusent par de puissans vestiges ; les tremblemens de terre et la main des hommes n’ont pas eu complètement raison de leur solidité. En même temps, comme il ne s’est rien bâti dans le voisinage, la ville antique n’a pas été exploitée comme une carrière pour en tirer de la pierre ou du marbre ; la destruction n’y a pas été organisée. On dirait même que les habitans ont respecté ses débris. Mais, en réalité, comme leurs maisons ne sont que de poussière délayée dans de l’eau, ils n’ont eu que faire des matériaux qui gisaient ou se dressaient autour d’eux. Grâce à cette rare fortune, les ruines se sont conservées dans leur étrange énormité.

Au fond, le colossal répondait aux aspirations du génie oriental. L’Egypte qui, selon les anciens, faisait partie de l’Asie