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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 142.djvu/205

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scène est complétée par un fond de salon ouvrant sur des jardins et dans lequel, au second plan, se tient debout, un livre à la main, une autre jeune femme habillée de rose. Toutes les qualités de coloriste et d’atmosphériste que M. Jacques Blanche a fait pressentir de bonne heure mais qu’il a singulièrement développées par son commerce assidu avec les maîtres du nord, apparaissent d’autant mieux, dans cette œuvre charmante, qu’elle s’y trouvent fortifiées par le progrès, au moins égal, du dessinateur et du physionomiste.

C’est aussi dans un groupe de figures, le Portrait de Mme G. F… et de ses enfans, que M. Carolus-Duran, vice-président de la Société Nationale, revendique, avec le plus d’éclat, cette année, l’honneur d’avoir, l’un des premiers, ouvert la voie où marchent, à grands pas, ses jeunes successeurs, en pratiquant, avec passion, l’emploi des colorations vives et joyeuses dans la représentation franche et vive des figures contemporaines. Mme G. F… en robe de velours noir, assise devant un rideau jaune d’or, caresse l’épaule de son petit garçon, en velours bleu, qui s’appuie sur ses genoux, tandis que sa fillette, en long sarrau de soie grise à col brodé d’or, tenant à la main une rose thé, debout à sa gauche, s’appuie contre elle. Le groupe est charmant et le jeu de toutes ces couleurs à la fois éclatant et calme. Deux autres portraits à mi-corps, dont l’un de M. D… est d’une belle unité et d’une forte expression et dont l’autre, celui de M. P. C. D… jeune cuirassier, attire les yeux par l’éclat de son uniforme, avec plusieurs beaux paysages de Provence et quelques études de nature morte complètent l’exposition variée du maître-peintre. Le contraste est grand entre cette façon de juxtaposer et d’associer hardiment, en pleine lumière, des couleurs simples, brillantes, vives, et celle de fondre délicatement, en des pénombres mystérieuses, des nuances compliquées, amorties, éteintes, comme font, d’une manière si différente d’ailleurs, M. Lerolle dans ses Portraits sur les quais et M. Aman-Jean dans son triptyque Portrait de femme entre la Beauté et la Poésie ; mais, en art, tout est bien qui finit bien. La Parisienne, escortée de deux grandes filles et précédée de deux jeunes garçons qui marche le long du parapet, par un jour douteux, montre à nouveau, avec toute sa distinction, le talent éprouvé, bien qu’un peu flottant, de M. Lerolle. Il y a beaucoup de distinction aussi, mais une distinction moins saine et plus compliquée de littérature, dans le