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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 142.djvu/183

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Les Salons de 1897


II. LA SCULPTURE AUX DEUX SALONS — LA PEINTURE AU CHAMP-DE-MARS [1]


I

Les sculpteurs, en grande masse, seront restés fidèles jusqu’au bout à cette nef gazonnée du palais de l’Industrie dans laquelle ils ont, presque tous, fait leurs débuts. Cette année encore, ils y auront présenté 837 morceaux de grande sculpture, alors que le palais du Champ-de-Mars n’en a réuni que 148, La proportion reste la même pour la gravure en médailles et sur pierres fines, et pour les objets d’art dans lesquels domine la sculpture. Les sculpteurs, même les plus novateurs et les plus inquiets, sont gens de tradition. La technique de leur métier est plus rigoureuse que celle des peintres, moins variable aussi et moins facilement livrée aux discussions vaines ; le public, en général, les respecte plus qu’il ne les aime, et les estime plus qu’il ne les comprend. Cette sorte d’isolement leur fait, au milieu du monde bruyant des peintres, une situation excellente dont nous avons déjà plus d’une fois apprécié les heureux résultats. S’ils veulent suivre, comme ils le peuvent et comme ils le doivent, les évolutions de la pensée moderne et de l’imagination contemporaine, ils y apportent forcément une réflexion et une prudence qui les gare des précipitations stériles ; et, s’ils ne réussissent point toujours en leurs tentatives difficiles de transformation, ils restent, du moins, le plus

  1. Voyez la Revue du 1er juin.