Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 141.djvu/726

Cette page n’a pas encore été corrigée


rencontrerons à chaque pas… Nous vous demandons de vouloir bien, en restant fidèles à vos propres décisions, faciliter la tâche d’un gouvernement qui, de concert avec les autres, donne tous ses soins et toute son attention à l’œuvre si incomplète et encore si fragile de la paix. » Ce langage, à coup sûr, ne pèche pas par excès de confiance, et M. Hanotaux en a tenu quelquefois un plus optimiste ; il est vrai que les événemens ne l’ont pas toujours confirmé. Ils confirmeront sans doute celui-ci. Il faut s’attendre à des difficultés sans cesse renaissantes, tantôt du côté de la Porte, tantôt du côté de la Grèce, et qui sait si, au moment même où l’œuvre paraîtra terminée, elle ne sera pas tout entière remise en question ? Les délais fixés pour l’armistice sont certainement trop courts ; il faudra les proroger ; mais qui sait encore si, en présence des exigences de la Porte et des résistances de la Grèce, cette prorogation elle-même sera facile ? La Porte, tout le monde lui dit la vérité ; il n’en est pas de même pour la Grèce. Les victoires de l’armée ottomane n’ont pas pu effacer d’autres souvenirs ; on reste sévère pour le Sultan et pour son gouvernement. En revanche, on est toujours plein d’indulgence pour la Grèce. Il conviendrait pourtant que la voix de l’Europe l’éclairât sur sa situation véritable, puisqu’on ne doit pas compter pour cela sur celle de son gouvernement. El c’est ce que nous nous efforçons de faire, dans la faible mesure où nous le pouvons, parce que là est la seule espérance du prompt et solide rétablissement de la paix.


FRANCIS CHARMES.

Le Directeur-gérant, F. BRUNETIERE.