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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 141.djvu/595

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d’Etat en Prusse fut reconstitué. Une part importante était faite, — et M. de Schlœzer ne manquait pas de l’établir, — à l’Eglise catholique. En appelant les évêques d’Ermeland et de Fulda à y siéger avec M. de Schorlemer Alst à côté de l’héritier du trône, le gouvernement royal avait donné un gage éclatant de son désir de ménager les intérêts religieux des provinces rhénanes, de la Westphalie et de la Silésie.

L’attitude de la diplomatie prussienne vis-à-vis de la cour pontificale ne dénotait pas du tout les sentimens de raideur et d’amertume qui paraissaient devoir résulter de la rupture des négociations, à la fin de mai. Les rapports personnels semblaient courtois et faciles ; les deux pouvoirs ne craignaient pas d’ailleurs d’affirmer la rigueur de leurs prétentions. C’est ainsi qu’au cours d’une audience accordée aux élèves de ce Collège germanique, objet des défiances passionnées des hommes d’Etat allemands, le Saint-Père avait déclaré dans les termes les plus explicites que jamais il ne céderait dans les questions touchant à l’éducation du clergé. D’autre part, bien que le Reichstag eût voté, le 25 juin, en troisième lecture, par 246 voix contre 31, une motion de M. Windthorst tendant à l’abandon des lois dirigées contre les ecclésiastiques convaincus d’exercice illégal des fonctions sacerdotales, la cour de justice de Cologne venait de condamner à six mois de prison un curé-doyen pour avoir interdit la chaire à un de ses vicaires. Cet arrêt consacrait de nouveau le droit que l’État s’était arrogé de s’immiscer dans les affaires de discipline ecclésiastique, purement spirituelle. Or, de tous les principes qu’avaient entendu faire prévaloir les auteurs des Maigesetze, il n’y en avait guère qui eussent, autant que celui-là, révolté la conscience des catholiques allemands.


VII

Lorsqu’il partit en congé, dans les premiers jours d’août, M. de Schlœzer s’abstint de dire au cardinal Jacobini un seul mot de nature à faire concevoir au Pape l’espérance d’une solution favorable des difficultés. Ni le Vatican, ni le cabinet prussien n’avaient cru devoir prendre l’initiative d’une nouvelle démarche pour provoquer la reprise des pourparlers, et il n’était dès lors pas plus question de la renonciation du cardinal Ledochowski à son siège de Posen que de la recherche des combinaisons au moyen