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le ministre de Prusse pur des voies détournées, n’était pas sans causer un grave souci au secrétaire d’Etat. Sur ces entrefaites, M. de Schlœzer remit, le 26 février 1883, au secrétaire d’Etat la réponse de l’empereur Guillaume à la lettre du Pape du 30 janvier. Cette nouvelle communication, contresignée par le prince de Bismarck, n’était pas de nature à laisser espérer le succès des pourparlers repris deux mois auparavant. L’empereur Guillaume semblait ne vouloir tenir aucun compte des observations que lui avait présentées Léon XIII sur la nécessité de marcher parallèlement — pari passu — dans la voie des arrangemens transactionnels. Après avoir constaté avec plaisir que Sa Sainteté reconnaissait que la notification des titulaires aux emplois ecclésiastiques n’était pas contraire aux doctrines fondamentales de l’Eglise catholique, l’Empereur déclarait qu’il tiendrait volontiers sans délai les intentions énoncées dans sa lettre du 22 décembre 1882, aussitôt après que la volonté exprimée par la lettre du Pape, du 30 janvier 1883, aurait produit ses conséquences pratiques dans les diocèses prussiens.

Le cabinet de Berlin et le Vatican continuaient de tourner dans un cercle vicieux ; le gouvernement prussien eût voulu que le Saint-Siège fît d’importantes concessions en échange de promesses nécessairement subordonnées aux votes du Landtag et pour la réalisation desquelles la chancellerie impériale se refusait à stipuler aucun engagement précis. On en revenait toujours au point de départ des négociations de Kissingen et de Gastein. M. de Schlœzer se montrait irrité contre le Saint-Siège, et en même temps la Gazette universelle de l’Allemagne du Nord, l’organe habituel du prince de Bismarck, tenait à propos du cardinal Ledochowski un langage très âpre.

Cependant les négociations n’étaient pas interrompues ; car, le 20 mars, le ministre de Prusse venait apporter au cardinal Jacobini la réponse du gouvernement prussien à la note pontificale du 19 janvier, visée dans la lettre du Pape à Guillaume Ier, du 30 janvier. Le vœu était exprimé, dans cette nouvelle communication, que le Saint-Siège voulût bien entrer en des éclaircissemens détaillés sur ce qu’il entendait par la liberté de la juridiction ecclésiastique et de l’éducation des jeunes clercs, le gouvernement royal s’engageant à examiner dans un esprit amical les propositions précises que le Vatican aurait à lui soumettre à ce sujet.

Ces éclaircissemens demandés à Berlin furent fournis à la