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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 140.djvu/952

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




14 avril.

Les Chambres se sont séparées pour six semaines, après trois mois de session qui n’ont pas été bien remplis. Si on fait le compte de ce qu’a produit le travail parlementaire pendant ce laps de temps, on aboutit à peu de chose. Le budget de l’année courante, qui aurait dû être voté avant le 31 décembre dernier, l’a été seulement à la fin de mars, après trois douzièmes provisoires, et il s’en est fallu de peu qu’on ne fût acculé à la nécessité d’en voter un quatrième. À qui faut-il attribuer la responsabilité du temps perdu ? M. le président du Conseil, à la dernière séance de la Chambre des députés, rappelait avec des chiffres indiscutables que le tiers de la session pour le moins avait été rempli par des interpellations. C’est en vain que la Chambre elle-même a essayé de mettre un frein à ce flot envahissant, et qu’elle a décidé de consacrer aux interpellations un jour par semaine, le samedi, afin de réserver les autres à l’œuvre législative ; les vieilles habitudes ont été les plus fortes. On a continué de voir comme autrefois, et plus encore peut-être, les discussions les plus importantes interrompues, coupées, hachées par des incidens sans cesse renouvelés.

C’est là un mal que tout le monde signale, mais dont personne encore n’a trouvé le remède. Il a été particulièrement sensible à propos de la loi sur l’organisation du haut commandement militaire. Le gouvernement la déclarait tout à fait urgente : à la fin d’une séance, M. le ministre de la guerre s’était montré sur le point de donner sa démission, parce que la Chambre avait refusé de la mettre ou de la maintenir entête de son ordre du jour du lendemain. La discussion a enfin commencé : il semblait qu’elle aurait dû être poursuivie, toute affaire cessante, jusqu’à son complet achèvement. S’il y a une question qui mérite en effet d’être traitée sans diversions ni distractions d’aucune sorte, c’est celle-là. Nous ne nous rappelons plus combien la Chambre lui a consacré de séances ; mais entre chacune d’elles il y a eu, en moyenne, huit jours d’intervalle. Des discours très intéressans,