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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 140.djvu/91

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Cette offensive, quelles forces exige-t-elle ? — Avant le percement de l’isthme Cimbrique un peu plus de la moitié du nombre des bâtimens allemands de haute mer pouvait suffire. Aujourd’hui, malgré la coopération russe, il faut tenir compte des navettes intérieures que permettrait la nouvelle voie maritime, et ce ne serait pas trop des deux tiers de la force navale active de l’Empire, c’est-à-dire de 14 cuirassés d’escadre ou croiseurs cuirassés, d’une dizaine d’éclaireurs et d’au moins 4 escadrilles de 6 à 8 torpilleurs de haute mer chacune, avec un aviso-torpilleur pour chef de groupe. Aux 50 navires combattans qui formeraient ainsi l’escadre d’opérations viendraient se joindre cinq ou six bâtimens auxiliaires : transports d’escadre pour le ravitaillement des-unités légères en charbon spécial, eau douce, torpilles, personnel même, si l’on peut dire, — les équipages des torpilleurs s’useront si vite ! — transports-hôpitaux, paquebots charbonniers, etc.

Voilà pour le nombre. Quelles seraient les caractéristiques des divers types ? D’une manière générale, bien entendu, prédominance des facultés offensives et stratégiques ; réduction au minimum possible du tirant d’eau.

Particularisons pour les cuirassés d’escadre et les croiseurs cuirassés. Ces deux types, qui tendent à se confondre, et auxquels on peut appliquer avec une égale justesse la dénomination d’unités de combat, seraient représentés par des bâtimens de 10 000 tonneaux pour les uns [1], de 7 000 environ pour les autres. Leur vitesse maxima atteindrait 20 nœuds ; leur approvisionnement de combustible, où les hydrocarbures figureraient pour une grande part, ne serait pas inférieur à 1 000 tonnes ; l’armement en artillerie ne dépasserait pas, pour les uns le calibre de 24 centimètres, pour les autres celui de 19 centimètres, la perforation des cuirasses massives de flottaison au moyen des canons monstres devant être plus que jamais aujourd’hui considérée comme une utopie ruineuse ; cette artillerie, d’ailleurs, pour être

  1. La répartition des poids serait, pour ces navires, à peu près la suivante :
    Coque 35 p. 100 du déplacement total = 3 500 tonneaux.
    Appareil moteur el auxiliaires, 20 p. 100 2 000 —
    Combustible 10 p. 100 1 000 —
    Protection 20 p. 100 2 000 —
    Armement 8 p. 100 800 —
    Équipage, eau, vivres, agrès. 6 p. 100 600 —
    Disponible 1 p. 100 100 —
    Total 100 p. 100 10 000 tonneaux.