Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 140.djvu/81

Cette page n’a pas encore été corrigée


généraux de la constitution des flottes militaires et les conditions essentielles de leur existence, de leur prospérité, de leur succès, appliquer ces principes à la détermination des divers élémens de la flotte française, rechercher comment notre flotte peut satisfaire à ces conditions.


I

La détermination des caractéristiques d’une flotte militaire dépend :

1° De la situation géographique du pays considéré ;

2° Des circonstances hydrographiques de son littoral et du régime des mers qui le baignent ;

3° De sa situation politique à l’extérieur et à l’intérieur ;

4° De sa puissance économique ;

5° Des facultés, des tendances spéciales de la race qui l’habite.

De ces facteurs, les uns ont un caractère permanent et à peu près immuable, les autres un caractère relativement accidentel et variable. Il y aura lieu de tenir compte de cette distinction.

Examinons la situation géographique de la France :

Il en est peu, et c’est presque un lieu commun de le dire, qui soient plus favorables au développement de la puissance maritime ni qui justifient mieux l’existence d’une flotte militaire. Bien mieux placée que l’Angleterre même, la France est assise sur les trois principales mers de l’Europe, dont elle commande, ou dont elle pourrait commander les débouchés, soit par ses ports du Pas-de-Calais et de la Manche, soit par ceux de la province d’Oran, car on peut bien considérer aujourd’hui l’Algérie comme le prolongement africain de la France. Sur le continent européen, en tout cas, nous occupons ce qu’on appelle en stratégie « la position centrale ». Malheureusement, de cette position centrale, qui a ses charges — on l’a bien vu en 1814 — nous ne recueillons pas tous les bénéfices, faute d’une « ligne de communications intérieure », faute d’un canal maritime qui permette de concentrer alternativement dans les deux mers, d’une manière sûre et rapide, les deux masses de nos forces navales, séparées par le massif ibérique.

On sait quelles oppositions rencontre depuis vingt ans le projet de percement de l’isthme des Pyrénées. Ce que l’on sait moins, c’est qu’en ce moment même la Grande-Bretagne exécute à