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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 140.djvu/75

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sommés d’abdiquer leurs défiances avant d’avoir obtenu des garanties plus sérieuses que celles qui avaient été offertes par le chancelier de l’Empire au nonce de Munich.

Afin de projeter la lumière sur cette situation très complexe, on jugea utile au Vatican d’entourer d’une certaine publicité un bref du Pape au cardinal Nina qui portait la date du 27 août ; il reproduisait au sujet des affaires d’Allemagne ce que le secrétaire d’Etat avait écrit le 11 août au prince de Bismarck :

Je croirais avoir été comblé d’une grâce signalée par le bon Dieu — disait dans ce document le successeur du cardinal Franchi — si, en m’inspirant de la volonté du souverain pontife, j’arrivais par une action commune avec Votre Altesse à conclure non une trêve qui, n’excluant pas la législation actuelle contraire aux lois de Dieu et de l’Église, ne pourrait qu’être éphémère, car elle formerait une source de nouveaux et plus graves conflits entre les deux pouvoirs, mais une paix réelle et durable qui restituerait la paix des consciences à votre illustre patrie en ajoutant une nouvelle gloire à votre auguste souverain…

Encore bien qu’à Berlin comme au Vatican on fût toujours pénétré du besoin d’un apaisement réel, l’insuccès de la mission de Mgr Aloysi laissait subsister toutes les divergences de principes et toutes les oppositions de tendances qui avaient amené la rupture de l’empire évangélique avec la papauté.


III

Cela ressortit avec un éclat singulier au mois de mars 1879. Tandis que le Pape venait d’appeler un prêtre bavarois d’une haute érudition, le docteur Hergenröther, aux honneurs de la pourpre, M. Döllinger était, à Munich, à l’occasion du quatre-vingtième anniversaire de sa naissance, l’objet d’hommages retentissans. Grâce à sa science consommée comme à sa dignité pleine de réserve, l’ex-prévôt du chapitre royal de Saint-Cajetan avait su, tout en sortant de l’Eglise, garder dans son pays une place de premier ordre. Il était demeuré une des notabilités considérables de la Bavière, et le roi Louis II le proclama lui-même en écrivant le 27 février 1879 à celui qui avait été naguère le premier dignitaire ecclésiastique de sa cour la lettre suivante :

Mon cher Pair du royaume, docteur de Döllinger,

Je prends de tout cœur part à la joie de ce jour où vous fêtez votre quatre-vingtième anniversaire de naissance, et je vous envoie mes