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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 140.djvu/663

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Byzance ! ils sont venus les jours expiatoires
One le ciel outragé mesure à ton destin ;
Et voici qu’à plein vol, à l’horizon lointain,
L’Ange apocalyptique ouvre ses ailes noires.

La nuit. Fourmillement d’ombres au pied des murs,
Humeurs, tumulte, assauts. L’épouvantable horde
Bondit en rugissant, tourbillonne et déborde
Son camp, cerné de chars tendus de cuirs impurs.

Fuites vaines que barre un cercle d’incendies ;
Femmes aux bras des Huns tordant leurs corps sanglants ;
Cadavres pollués de vierges aux seins blancs,
Dans l’horreur et la mort atrocement roidies ;

La louche trahison glissant sur les remparts ;
Les Patrices vendus et les soldats rebelles ;
Pillage, sacrilège ; au désert des chapelles
Les grands ciboires d’or dans la poussière épars.

Et comme aux jours de deuil, sortant des sombres porches,
Par les chemins muets que la terreur fraya,
Le simulacre errant de la Panagia
Passe, suprême espoir, dans la lueur des torches.

Autour du cirque vide où rôdent les lions,
Fins farouches encor grondent les populaces
Oui, des faubourgs au centre, ivres et jamais lasses,
Poussent le flux sanglant de leurs rébellions.

Et l’énorme clameur monte ; le fou s’élance.
domine une mer ballant un immobile écueil,
Tout un peuple en délire assiège en vain le seuil
De l’asile introublé du très sacré silence.

Clos, morne, à l’horizon de l’Hebdomon obscur,
Le palais, dans la nuit dressant ses murs tragiques,
Garde, intrépide aux seuls combats théologiques,
L’Empereur, très divin, très pieux et très pur.

Dans l’impassible paix de la chambre interdite,
Sous la calme clarté tombant des lampes d’or,