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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 140.djvu/63

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une importance capitale. Le 31 mars 1878, le grand écuyer, répétant qu’il était fort à souhaiter qu’un rapprochement sérieux s’opérât entre la Papauté et l’Allemagne, ajoutait qu’il allait se rendre à Berlin, et que, dans son opinion, le Vatican devrait s’adresser directement au prince de Bismarck. Abordant un point fort délicat, celui des évêques déposés par le haut tribunal ecclésiastique, le comte Holnstein avait reconnu qu’il y avait là une grande difficulté. « Non, mon cher comte, répondit Mgr Aloysi : cette question est, certes, la plus douloureuse parmi celles qui séparent en ce moment l’Eglise du gouvernement de l’empereur Guillaume. Mais ce n’est pas la plus difficile à résoudre, parce qu’elle concerne des prélats vénérables qui, non contens d’avoir souffert avec courage pour la cause que leur devoir leur commandait de défendre, sauront, s’il le faut, souffrir plus encore, et se sacrifier pour faciliter une entente. »

Dès ce moment, en effet, il paraissait probable que le Saint-Siège pourrait obtenir de Mgr Martin, évoque de Paderborn, et du cardinal archevêque de Posen et Gnesen, qu’ils renonçassent à leurs sièges. L’un et l’autre s’étaient gravement compromis dans d’ardentes polémiques contre l’administration allemande. D’un autre côté, on pouvait prévoir qu’au palais apostolique on se montrerait beaucoup plus récalcitrant au sujet de la faculté attribuée au haut tribunal ecclésiastique de pouvoir déposer des évêques, cela étant absolument contraire aux règles fondamentales du droit canonique.

La loi du 11 mai 1873 relative à la formation (Vorbildang) du clergé ne devait pas davantage être acceptée par Rome ; mais ces points de détail n’avaient pas été abordés par le comte Holnstein dans ses entretiens avec le nonce ; et, tandis que le gouvernement bavarois venait d’expédier de Munich au ministre de Bavière à Rome, pour être remise au Pape, la réponse de l’empereur Guillaume à la lettre de Léon XIII du 20 février, le ministre de Prusse à Munich, baron de Werthern, reconnaissait que cet échange de communications constituait un premier pas dans la voie d’un arrangement, — ce qui ne l’empêchait pas du reste d’insister beaucoup près du nonce sur la nécessité de recommander au clergé catholique d’obéir à ces mêmes lois de Mai que chacun savait être la vraie cause du conflit. Selon M. de Werthern, toutes les difficultés provenaient purement et simplement de l’erreur qu’avait commise le concile en proclamant le dogme de