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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 140.djvu/55

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Léonn XIII et le prince de Bismarck


I. PREMIÈRES NÉGOCIATIONS


Le 20 février 1878, dès le lendemain du jour où son nom venait de réunir la majorité des suffrages des cardinaux rassemblés en conclave, Léon XIII écrivait à l’empereur Guillaume :

Affligé de ne pas trouver entre le Saint-Siège et Votre Majesté les relations qui existaient naguère si heureusement, Nous faisons un appel à la magnanimité de votre cœur pour obtenir qu’à une grande partie de vos sujets la paix et la tranquillité de leur conscience soient rendues.

Et le 24 mars, l’empereur Guillaume répondait au Souverain Pontife en ces termes :

J’ai reçu avec reconnaissance par l’intermédiaire du gouvernement confédéré de Sa Majesté le roi de Bavière la lettre du 20 février, par laquelle Votre Sainteté a eu la bonté de m’informer de son élévation au siège papal.

Je vous félicite sincèrement de ce que les voix du Sacré Collège se soient réunies sur votre personne, et je vous souhaite de tout cœur un gouvernement béni de l’Église confiée à votre garde. Votre Majesté relève avec raison le fait que mes sujets catholiques de même que les autres prêtent à l’autorité et aux lois l’obéissance qui répond aux enseignemens de la commune foi chrétienne.

Me référant au coup d’œil que Votre Sainteté a jeté sur le passé, je puis ajouter que, pendant des siècles, les sentimens chrétiens du peuple allemand ont conservé la paix dans le pays et l’obéissance envers les autorités de ce pays, et qu’ils garantissent que ces biens précieux seront également sauvegardés dans l’avenir.