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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 140.djvu/443

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Bien qu’aucun fonds d’Etat mexicain n’ait été admis à la cote officielle, à cause des réclamations bientôt trentenaires que nous adressons à Mexico en faveur des porteurs de l’emprunt émis par l’empereur Maximilien, nos cercles financiers ont pris part à plusieurs des opérations de crédit de la République et se sont intéressés à ses entreprises de chemins de fer. Ils ont contribué, pour une large part, à la fondation de la Banque nationale, dont les actions sont cotées à Paris et qui a été un des instrumens de la restauration financière du Mexique. Sous la présidence de Porfirio Diaz, le pays a fait d’énormes progrès, et ceux de nos compatriotes qui ont été s’y établir n’ont pas eu à le regretter. 2 ou 300 millions de francs ne sont probablement pas une évaluation supérieure à la somme que nous avons placée là-bas.

Nous ne nous arrêtons pas aux petites Républiques de l’Amérique Centrale, dont les titres occupent le marché de Londres. Il en est une, le Honduras, dont les emprunts ont laissé sur notre place un souvenir, qui nous préserve pour longtemps sans doute de toute tentation de faire à nouveau crédit à ces pays.

Mentionnons en passant la république de Haïti, dont les rapports commerciaux et financiers avec la France sont anciens. Deux emprunts, le 5 pour 100 1875 et le 6 pour 100 1896, ce dernier garanti spécialement parles droits d’exportation sur les cafés, se traitent au parquet de la Bourse de Paris, ainsi que les actions de la Banque nationale : fondée par des Français, cette dernière est chargée de percevoir ces droits et de prélever les sommes nécessaires au service du dernier emprunt. 50 millions de francs au minimum sont placés à Haïti par nos compatriotes.

Le Venezuela nous a plus occupés par ses mines que par ses autres valeurs. Le célèbre Callao a rapporté des millions d’or à ses propriétaires, mais en a coûté davantage aux spéculateurs qui en avaient poussé les actions à des cours extravagans. Les fonds brésiliens à 4 1/2 et 4 pour 100 figurent à notre cote. Ils ont pendant longtemps été considérés comme appartenant à la classe de valeurs qu’on désigne dans l’argot financier comme étant « de tout repos ». Depuis plusieurs années, les événemens politiques qui ont suivi la chute de l’empire et le renvoi du vieil empereur Dom Pedro, ont amené un trouble profond dans le régime monétaire et fiduciaire de la République fédérale installée à Rio-de-Janeiro. Le milreis brésilien est tombé de 2 fr. 80 à 1 franc environ. Les charges de la dette extérieure se sont