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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 140.djvu/437

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fermière des tabacs et nombre d’autres titres de leur gouvernement. Ils détiennent les deux tiers des 2 milliards de rente extérieure 4 pour 100, dont il ne reste guère que 500 millions en France. Nous avons aussi pour 2 ou 300 millions de titres cubains 6 et 5 pour 100. Nous possédons la majeure partie des actions des trois grandes compagnies de chemins de fer, Nord d’Espagne, Saragosse, Andalous, et la presque totalité de leurs obligations. Les actions représentent un capital nominal d’environ 400 millions ; mais la baisse du change en a fait tomber le cours au quart ou au cinquième du pair. Les obligations s’élèvent à près de 2 milliards. Outre ces trois compagnies principales, la France est encore intéressée dans nombre d’autres lignes, telles que le Madrid-Cacérès, l’Ouest et l’Est d’Espagne, le Lerida-Reus, le Linarès-Almeria (Sud de l’Espagne), si bien que nous ne devons pas être éloignés de la vérité en évaluant à 4 milliards le capital des titres d’Etat ou de chemins de fer espagnols possédés par nous. Dans cette catégorie doivent se ranger encore les obligations municipales, telles que celles de Madrid, pour la majeure partie placées à Paris.

Mais là ne s’est pas bornée notre intervention financière en Espagne : nous y avons pris part à la création de nombreuses sociétés industrielles de tout ordre ; gaz, eaux, téléphones, houillères, mines, fonderies : un grand nombre d’actions et d’obligations de la célèbre mine de cuivre du Rio-Tinto, qui fournit à elle seule le dixième de la production du monde en ce métal, les actions de Tharsis, de San-Domingo, de Penarroya, de Porman, d’Aguilas, d’Aguas Tenidas, de l’Horcajo, pour n’en citer que quelques-unes, ont été souscrites en France, ainsi que les actions de la Banque hypothécaire d’Espagne, le Crédit foncier du pays. Nos entrepreneurs ont travaillé aux ports, à Malaga, à Pasajes ; nos industriels ont construit des usines pour le sucre, le pétrole et ont de ce chef transporté en Espagne des capitaux ; si bien que l’addition de tous ces emplois de fonds si variés jointe au total énoncé il y a quelques instans, nous amène à conclure que 5 milliards environ d’argent français sont placés de l’autre côté des Pyrénées.

Et encore n’avons-nous pas parlé du Portugal, dont les fonds d’Etat et les titres de chemins de fer ont absorbé, eux aussi, des sommes considérables de notre épargne. Ici la disproportion entre le capital souscrit et sa valeur actuelle est malheureusement