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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 140.djvu/436

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Les rentes autrichiennes ont jadis été un objet de placement et de spéculation favori chez nous : les emprunts 5 pour 100, payables les uns en florins papier, les autres en florins argent, furent achetés en grandes quantités par la France. Plus récemment de nombreuses émissions de rentes or autrichiennes et hongroises ont encore augmenté nos placemens de ce genre, dont le total pourrait bien dépasser 2 milliards de francs, en y comprenant les actions et obligations des chemins de fer autrichiens et lombards. La réforme monétaire, qui se poursuit dans l’empire et qui aura pour effet de soustraire aux fluctuations du change la monnaie nationale, — c’est-à-dire la couronne, nouvelle unité égale à la moitié de l’ancien florin, — contribue à fortifier encore la bonne réputation dont jouissent ces fonds auprès des rentiers.

Les Etats Scandinaves figurent honorablement sur notre cote. Leurs fonds n’ont jamais donné de surprises désagréables à leurs possesseurs. Aussi le 3 et demi et le 3 pour 100 suédois, le 3 et demi et le 3 pour 100 norvégien, le 3 pour 100 danois s’inscrivent-ils à des cours supérieurs au pair, qui sont l’apanage des crédits du premier ordre. Les obligations 4 pour 100 de la Banque hypothécaire de Suède ont été également bien accueillies chez nous. En évaluant à 300 millions de francs nos placemens de ce côté, nous ne sommes pas au-dessous de la vérité.

La rente espagnole est une des premières qui franchirent nos frontières pour venir solliciter notre épargne. Il serait inexact de dire que nous ayons eu toujours à nous en féliciter. Toutefois une modification singulièrement rassurante s’est opérée depuis quelques années dans la répartition de ces fonds. Jadis ils étaient aux mains des seuls étrangers. L’Espagnol ignorait les placemens de ce genre, soit qu’il n’épargnât point, soit qu’il ne fît pas crédit à son propre gouvernement, soit que le taux d’intérêt pour les affaires indigènes fût très supérieur au revenu des fonds d’État. Aujourd’hui la majorité de ceux-ci est possédée par des nationaux. On sait que la dette de la péninsule se divise en deux catégories : dette intérieure et dette extérieure, cette dernière payable en capital et en intérêts dans la monnaie des pays étrangers où elle fut émise, notamment en francs. Or la dette intérieure 4 pour 100 qui depuis la grande refonte et conversion de 1881, forme la partie principale du Grand livre, est tout entière aux mains des Espagnols, qui possèdent également les emprunts intérieurs 5 pour 100 récemment émis, les actions de la Compagnie