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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 140.djvu/421

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La fortune mobilière de la France à l’étranger


La France est un pays d’épargne ; elle ne possède pas seulement les titres de sa dette publique, de ses chemins de fer, de ses grandes industries ; sa fortune déborde au-delà de ses frontières, en Europe et dans les autres parties du monde. Nos capitaux ont gardé quelque chose de cet esprit d’aventure qui jeta jadis les Normands en Angleterre et en Sicile ; les croisés en Terre sainte ; les Champlain, les Jacques Cartier, les La Salle au Canada, en Illinois, en Louisiane, et tant d’autres vaillans aux quatre points cardinaux. Si nous n’allons plus guère nous installer au loin, si l’énergique initiative d’associations comme l’Union coloniale, le Comité Dupleix, n’a pas encore produit tous ses effets en déterminant un plus grand nombre de jeunes gens hardis et énergiques à tenter la fortune à l’étranger ou dans nos colonies, nous suivons le développement économique d’autres pays ; nous sommes prêts à y exporter, sinon nos fils, du moins notre argent ; cette émigration ne se fait pas sans esprit de retour ; tout au moins demandons-nous, et à juste titre, qu’un bénéfice légitime nous soit payé tous les ans sous forme d’intérêt fixe ou de dividende sur les capitaux que nous laissons au dehors. Le jeu naturel d’amortissement des emprunts ou le rachat successif des entreprises par les nationaux fait peu à peu rentrer en France les capitaux eux-mêmes, de sorte qu’au flux qui a emporté ceux-ci vers