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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 140.djvu/420

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Tant de bruit s’était fait déjà sur ces histoires
Que l’on pensait tout bas que c’en était assez ;
Que, dans l’apaisement des lointains effacés,
La mort, en les touchant, sanctifiait les gloires,
Et qu’on eût pu trouver, de vos tristes mémoires,
Quelque témoin plus haut dans les beaux jours passés.

O nos élans naïfs pour la forme immortelle
Qu’un génie enflammé donnait à vos écrits !
Nos enthousiasmes purs, vers les cieux repartis !
Poètes, plaignez-nous ! On a brisé notre aile.
Nous perdons plus que vous dans l’enquête cruelle,
Car nous vous croyions grands, et l’on vous fait petits.

Qu’il eût mieux valu voir, dans l’ombre où tout retombe,
Votre spectre debout, de laurier couronné !
Un sépulcre est un temple, à durer destiné,
Que le printemps emplit du chant d’une colombe,
Et l’on eût vu planer, sur la paix de la tombe,
Le pardon qu’en mourant vous vous êtes donné.


13 février 1897.

M. P. C.