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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 140.djvu/343

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suffisante pour déterminer son ébullition, car, à l’aide d’une pompe à air on y réduit la pression à 60 centimètres de mercure.

La vapeur émise par l’ébullition de la première chaudière est envoyée dans la chambre de chauffe de la deuxième, elle porte la température du liquide à 85 degrés, qui suffisent pour le faire bouillir, car la pression n’est plus dans cette seconde chaudière que de 30 centimètres de mercure.

Dans la troisième chaudière, on fait un vide presque complet ; la pression n’y est plus que de 5 à 6 centimètres de mercure, et la température d’ébullition de 50 à 55 degrés. L’expression de triple effet rend très bien compte de l’utilisation de la chaleur transmise par la vapeur venant du générateur de l’usine. Cette chaleur vaporise le liquide sucré de la première chaudière, la vapeur émise échauffe le liquide de la seconde chaudière, et la vapeur, engendrée par cet échauffement, répandue dans la chambre de chauffe de la troisième chaudière, détermine enfin l’ébullition du jus qui s’y trouve.

Les liquides passent successivement de la première chaudière à la seconde, puis à la troisième ; on abaisse leur point d’ébullition à mesure que, devenant plus concentrés, ils sont aussi plus altérables. A la sortie du triple-effet, le jus sucré mérite le nom de sirop ; il est conduit à la chaudière à cuire.

Les dimensions de celle-ci sont analogues à celles des chaudières à triple effet ; le métal doit avoir une résistance considérable, car on fait dans cette chaudière un vide presque complet ; les liquides y sont chauffés à l’aide de trois serpentins superposés, indépendans, dans lesquels circule la vapeur. Il est nécessaire de voir l’intérieur de la chaudière ; aussi porte-t-elle des glaces solidement encastrées dans une monture de cuivre et placées aux extrémités d’un même diamètre. Quand on a fait le vide, on introduit par un tuyau du sirop filtré jusqu’à ce que le premier serpentin soit recouvert, et on y fait arriver la vapeur. Le cuiseur, qui est un ouvrier de choix, suit de l’œil l’ébullition tumultueuse du liquide ; quand il y voit apparaître les petits cristaux de sucre, il appelle une nouvelle quantité de sirop, mais il ne l’introduit que lentement, de façon à ne pas redissoudre les cristaux déjà formés ; quand le second serpentin est couvert de liquide, on y introduit de la vapeur ; on procède de même pour l’introduction du liquide qui doit submerger le troisième serpentin ; on cesse