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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 140.djvu/323

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La science et l’agriculture – Les plantes de grande culture


IV. LA BETTERAVE A SUCRE [1]


La fabrication du sucre de betteraves date du commencement du siècle. On se rappelle que, pour réduire l’Angleterre, l’Empereur essaya de ruiner son commerce en établissant le blocus continental. Le sucre, exclusivement produit jusque-là dans les régions tropicales, n’entrant plus que par fraude et en petites quantités, atteignit des prix excessifs. On essaya naturellement de l’extraire de quelques-uns des végétaux qui croissent dans nos contrées, et après des tentatives infructueuses, on remit en lumière d’intéressantes expériences exécutées en Allemagne depuis plusieurs années.

En 1757, un chimiste nommé Margraff avait reconnu que la racine de la betterave renferme un sucre identique à celui qu’on extrait des cannes. Un de ses élèves, Achard, appartenant à une famille française émigrée lors de la révocation de l’Edit de Nantes, avait même installé une fabrique de sucre de betteraves qui avait bientôt périclité. Instruit de cet essai, l’Empereur ordonna qu’il fût repris ; grâce à de larges subventions, la culture de la betterave s’établit dans plusieurs départemens, des fabriques s’élevèrent, le sucre indigène parut sur le marché, et quand l’Empire tomba, la nouvelle industrie était établie.

  1. Voyez la Revue du 1er décembre 1896.