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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 140.djvu/322

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Exegit monumentum ære perennius
Regalique situ pyramidum altius
Quod non imber edax, non Aquilo impotens
Possit diruere, aut innumerabilis
Ânnorum series, aut fuga temporum.

J’aurais aimé pouvoir vous féliciter, comme j’espérais pouvoir le faire, de l’acceptation par votre législature du projet que les représentans patiens et laborieux de nos deux pays ont récemment conçu pour le règlement des différends de moindre importance qui existent entre nous. Je dis « de moindre importance » à dessein, car je ne puis penser qu’il s’élève jamais de contestation sérieuse entre nous sur des sujets qui touchent notre honneur ou notre dignité mutuels. Nous n’avons pas plus les uns que les autres, j’en ai la ferme confiance, l’idée, non plus que l’intention d’enfreindre nos droits respectifs et assurés ; et les divergences et les discussions qui pourraient s’élever entre nous ne proviendront jamais que de malentendus qu’un tribunal d’arbitrage résoudra aisément. Je ne mets pas en doute que le bon sens des deux nations finira par triompher de tous les préjugés que l’on élève encore contre pareille méthode d’arrangement. J’ai des raisons personnelles de le croire, ayant eu moi-même à jouer ce rôle d’arbitre entre le gouvernement des Etats-Unis et celui du Danemark, dans une circonstance où je dus décider contre votre pays, et où je vis ma décision acceptée sans ombre de difficulté.

C’est donc du fond du cœur que je désire voir se conclure un accommodement qui, non seulement resserrera les liens qui nous unissent, mais donnera encore au monde civilisé un louable exemple. Pourrait-il être exemple plus frappant de la réalité du sentiment qui unit le pays de Washington à la mère patrie que la vue de juges choisis dans votre Cour suprême, siégeant avec des membres de notre Cour suprême de Judicature pour arrêter et déclarer les principes du droit international ? Et, quel tribut plus juste que celui-là pourrions-nous rendre à la mémoire du grand homme dont une fois encore je citerai les paroles : « Il n’y a qu’une voie droite : chercher la vérité et la poursuivre fermement » ?

Je bois à cette mémoire : ESTO PERPETUA !