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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 140.djvu/316

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G. Washington et la mère patrie [1]


Messieurs,

C’est un grand honneur que vous m’avez fait en m’invitant à occuper, dans une occasion comme celle qui vous réunit aujourd’hui, le fauteuil de la présidence. Quand en effet vous ne m’auriez appelé parmi vous qu’à titre d’hôte, ce serait déjà une faveur dont je sentirais tout le prix. Mais, en vérité, de m’avoir offert la présidence de ce Banquet, c’est plus qu’une faveur ordinaire ; et ma seule crainte est de vous paraître inégal à la tâche que votre choix m’impose.

Avant de l’aborder, et de traiter le sujet que vous m’avez indiqué, permettez-moi donc quelques mots personnels. Permettez-moi de dire qu’en me choisissant pour vous parler de Georges Washington, vous avez voulu prouver d’une manière éclatante quelle est la force singulière du lien de sympathie et de solidarité, qui rattache entre eux Américains et Anglais, et qui maintient toujours, sur le terrain de la culture intellectuelle, cette communauté de pensée qu’ils doivent à une éducation et à une origine communes. Vous avez également voulu témoigner qu’il appartenait à ceux qui étudient l’histoire, de reconnaître et d’apprécier mieux que personne les enseignemens du passé ; de sentir les avantages qui en peuvent résulter ; et qui de fait en sont déjà résultés, si les événemens qui jadis avaient divisé les voies de nos deux nations, nous apparaissent aujourd’hui comme ayant eu pour conséquence, d’en faire la source de ce qu’il y a de plus précieux dans la civilisation contemporaine, et de ce qui peut le

  1. Discours prononcé le 22 février 1897. par S. E. sir Edmund Monson, ambassadeur de S. M. Britannique près la République française, au Banquet annuel des Étudians américains, en l’honneur du « Jour de naissance » de Georges Washington.