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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 140.djvu/285

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Le mécanisme de la vie moderne


XI. LA MAISON PARISIENNE [1]


I. — L’EXTERIEUR


Paris est vieux, mais ses maisons sont jeunes. La moitié d’entre elles ont vingt-cinq ans à peine — la vieillesse d’un cheval. — Il n’en est pas une sur quinze qui compte cent cinquante ans d’existence — l’âge où, dans la futaie, on tue les chênes. — Les logis s’étaient renouvelés jusqu’ici moins vite que les générations ne passaient ; dans notre capitale actuelle c’est le contraire : la plupart des habitans sont nés depuis plus longtemps que les immeubles où ils demeurent.

Durant ce siècle les villes sursemées dans le pays, les maisons alignées dans les villes, les appartemens empilés dans les maisons, se sont à la fois transformés. Et plus profondément, avec plus d’audace et plus de succès qu’ailleurs, en ce Paris dont les rues, sans cesse allongées, élargies, encaissées entre deux rangs d’édifices énormes, ressemblent, encombrées à certaines heures de voitures et de piétons, à un fleuve en folie charriant un peuple déraciné. Ce fleuve parisien, qu’alimentent les versans politiques et intellectuels de la France, où filtre, s’égoutte, s’amasse et

  1. Voyez la Revue du 15 décembre 1896.