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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 140.djvu/174

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blanc, à l’abri de tout danger, ou si l’on veut, l’usine parfaite.

La voici :

1° Les ateliers sont vastes et spacieux ; le cubage d’air est proportionné au nombre des ouvriers ;

2° La ventilation mécanique y est complète ; aucune vapeur phosphorée ne pénètre dans l’atmosphère ;

3° Un réactif visible ne décèle point la pression de vapeurs ou n’en accuse que des traces insignifiantes ;

4° Le personnel est l’objet d’une sélection d’entrée pratiquée avec la rigueur la plus complète ; la sélection périodique assure le maintien des mêmes conditions.

C’est tout ; les autres précautions de détail, règlemens intérieurs d’usine, obligations de lavabos, gargarismes, etc., imposées aux ouvriers, sont puériles et sans valeur en présence des données fondamentales et décisives que nous venons de formuler.

Que l’administration de l’État, qui détient aujourd’hui le monopole de la fabrication, fasse l’expérience : la voie est ouverte ; les moyens sont à sa disposition. Le salut est certain ; c’est le salut par l’hygiène. Il faut enfin rendre la sécurité à une industrie qui depuis cinquante ans n’a fait que trop de victimes. Que phosphorisme et nécrose disparaissent sans retour : qu’ils passent à l’état de souvenirs d’un temps de barbarie où la science, bienfaisante et salutaire pour toutes les industries, a failli abdiquer devant le problème de l’assainissement du phosphore et nous enlever l’une de nos plus belles conquêtes modernes.


Dr E. MAGITOT.