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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 140.djvu/150

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Les industries insalubres – La fabrication des allumettes


I

Les conquêtes industrielles constituent la richesse et la prospérité des nations ; mais, comme toutes les conquêtes humaines, elles s’achètent souvent au prix de sacrifices et de dangers. Le travail, qui est la loi universelle de l’humanité, a le droit d’être protégé ; la vie est un capital dont il faut assurer la sécurité.

Tel est le rôle de l’hygiène, de cette science, la plus jeune peut-être de toutes, et qui a conquis depuis quelques années, dans nos sociétés modernes, une importance si considérable, une extension si grande, une faveur si marquée. Appliquée à l’étude des métiers et des professions, l’hygiène a rencontré un vaste champ ouvert à ses investigations et à ses expériences, par suite de la multiplicité sans cesse croissante des inventions et des découvertes, origines des industries les plus variées. On peut affirmer que, dans l’ordre des questions ouvrières, il n’est guère d’établissement industriel, de fabrique, d’usine qui n’ait réclamé son concours : tantôt en vue d’atténuer ou de conjurer telle cause d’insalubrité générale et tantôt en vue de soustraire l’ouvrier au contact des substances de toute nature qui composent la dangereuse catégorie des « grands poisons industriels ».

« Toutes les industries sont insalubres », a dit M. Ch. de Freycinet. Cette assertion était vraie il y a quelques années, elle ne l’est plus aujourd’hui, et l’on doit y ajouter ce correctif : « toutes les industries sont assainissables. » A l’époque actuelle, les industries devenues inoffensives par l’hygiène ne se comptent plus. Et