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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 140.djvu/111

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humanité, par notre cordiale bonne humeur — que nous possédions autrefois à un si haut degré, et qui, depuis cent ans, s’affaiblissent, s’effacent, disparaissent ?… Qu’on y prenne garde cependant. Si c’est bien à ces sources que s’alimente « l’esprit maritime », si c’est de tout cela qu’est faite la force d’expansion d’un grand peuple, c’est tout cela aussi qui soutient, qui vivifie sa marine de guerre, l’un des premiers élémens, et bientôt peut-être le facteur principal de sa puissance.

Construire des vaisseaux. — des vaisseaux offensifs, — c’est bien. Ce qui est mieux, c’est de les pouvoir confier à des hommes qui savent le prix de l’audace, le prix de ces initiatives hardies qui maîtrisent la fortune en déconcertant l’adversaire. Ces hommes, nous les avons, certes, aujourd’hui. Les aurons-nous toujours ? S’imagine-t-on que chez un peuple où les qualités viriles dont nous parlions tout à l’heure seraient en décadence et où l’on ne réagirait pas promptement, il serait possible d’assurer longtemps à la marine un recrutement de caractères exceptionnels ?