Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1896 - tome 136.djvu/898

Cette page n’a pas encore été corrigée


Nous, démocrates des États-Unis, assemblés en Convention nationale, affirmons une fois de plus notre fidélité aux grands principes essentiels de justice et de liberté sur lesquels reposent nos institutions, et que le parti démocratique a défendus depuis les temps de Jefferson jusqu’à nos jours : liberté de la parole, de la presse, de conscience, maintien des droits individuels, égalité de tous les citoyens devant la loi, fidèle observance des limites constitutionnelles.

Reconnaissant que la question monétaire est aujourd’hui la plus importante de toutes, nous rappelons que la Constitution désigne en même temps l’or et l’argent comme étant les métaux monétaires des États-Unis et que la première loi de frappe, votée par le Congrès après l’établissement de la Constitution, fit du dollar d’argent l’unité monétaire, et n’admit la libre frappe du dollar d’or qu’à un taux déterminé sur la base du dollar d’argent.

Nous déclarons que l’acte de 1873, qui a démonétisé l’argent sans que le peuple américain en ait eu connaissance ni l’ait approuvé, a eu pour résultat le renchérissement de l’or et comme conséquence une baisse correspondante du prix des marchandises produites par le peuple ; un lourd accroissement de la charge des impôts et de toutes les dettes privées et publiques ; l’enrichissement de la classe des prêteurs ici et au dehors, la décadence de l’industrie et l’appauvrissement du peuple.

Nous sommes inaltérablement opposés au monométallisme, qui a paralysé la prospérité de toute la communauté industrielle. Le monométallisme or est une politique anglaise : en l’adoptant, d’autres nations sont devenues les esclaves financières de Londres. Elle n’est pas seulement non-américaine, elle est anti-américaine : elle ne saurait être imposée aux États-Unis qu’en étouffant cet esprit et cet amour de la liberté qui nous a fait proclamer notre indépendance politique en 1776 et la conquérir dans la guerre de la Révolution.

Nous demandons la frappe libre et illimitée de l’argent et de l’or au rapport actuel de 16 à 1, sans attendre l’aide ni le consentement d’aucune autre nation. Nous demandons que le dollar d’argent étalon ait pleine force libératoire, à l’égal de l’or, pour toutes dettes publiques et privées. Nous sommes partisans d’une législation qui empêche à l’avenir la démonétisation d’aucune monnaie libératoire par des contrats particuliers.

Nous sommes opposés à la politique qui consiste à laisser aux porteurs d’obligations des États-Unis l’option, que la loi réserve au Gouvernement, de racheter ses obligations en or ou en argent.

Nous sommes opposés à l’émission d’obligations des États-Unis en temps de paix et condamnons le trafic avec les syndicats de banquiers qui, en échange de ces obligations, et au prix d’un énorme bénéfice réalisé par eux, fournissent de l’or à la Trésorerie fédérale, de façon à maintenir la politique du monométallisme or.

Le Congrès seul a le pouvoir de frapper et d’émettre des monnaies, et le président Jackson a déclaré que ce pouvoir ne pouvait être délégué ni à des corporations ni à des individus. Nous dénonçons en conséquence l’émission de billets par les banques nationales comme une dérogation à la Constitution. Nous demandons que tout papier ayant force libératoire pour les dettes publiques et privées, et pouvant servir à acquitter les droits de douane aux États-Unis, soit émis par le Gouvernement et soit remboursable en espèces.

Nous nous prononçons en faveur de droits fiscaux et contre les droits protecteurs… Nous dénonçons le bill Mac-Kinley comme ayant engendré les trusts et les monopoles, sous prétexte de protéger l’industrie nationale,