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Page:Revue des Deux Mondes - 1896 - tome 136.djvu/632

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L’Australie et la Nouvelle-Zélande


LES EXPÉRIENCES SOCIALES. — LE FÉMINISME [1]


Les nouvelles sociétés qui se sont constituées dans les colonies anglaises des Antipodes représentent au plus haut degré toutes les tendances, bonnes ou mauvaises, de la civilisation contemporaine : si l’on applique à l’Australie les divers critériums auxquels on se fie d’habitude pour juger le degré de culture d’un pays, on est forcé de conclure que cette jeune contrée a déjà distancé toutes ses aînées. Ce n’est pas du développement littéraire ou artistique que nous entendons parler ici : aussi bien ne peut-on s’attendre à le trouver dans une société aussi jeune, et, d’ailleurs, notre temps, dont toute l’attention se porte sur ce qui intéresse les masses, semble dédaigner les côtés les plus raffinés, les plus élevés même, de la civilisation. Mais pour ce qui est de la diffusion des connaissances moyennes, des conditions matérielles de l’existence, de l’activité des transactions entre les hommes, l’Australie se rapproche certainement plus qu’aucun autre pays de l’idéal un peu terre à terre des contemporains.

Les illettrés y sont plus rares, les lettres et les télégrammes échangés plus nombreux, le commerce plus considérable par

  1. Voyez la Revue du 1er juin 1896.