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Page:Revue des Deux Mondes - 1896 - tome 136.djvu/620

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Ils sont munis de bâches de distribution, de vannes, de robinets, de flotteurs, pour faciliter la répartition de l’eau dans les conduites de la ville.

Quand l’eau coule incessamment dans la canalisation, que celle-ci est toujours sous pression, le service est dit constant ; quand l’eau n’y est lancée qu’à certaines heures, il est dit intermittent. Le premier système est sans contredit le meilleur : c’est le seul usité en France ; il n’a qu’un inconvénient, qui est de perdre beaucoup d’eau, par suite de la pression continue à laquelle elle est soumise, et de permettre le gaspillage par la facilité de se procurer de l’eau à tout moment. Le système intermittent, qui est en usage dans quelques villes d’Angleterre, a de bien plus grands désavantages. Lorsque l’eau n’est distribuée que pendant un certain nombre d’heures chaque jour — et a fortiori quand elle ne coule pas tous les jours de la semaine — il faut avoir, dans chaque appartement, un réservoir où l’eau s’échauffe et s’altère ; tout service régulier de lavage ou d’arrosage de la voie, publique est impossible dans ces conditions. Il est admis en principe aujourd’hui que, dans les distributions à créer, il faut fonder ses prévisions sur le service constant ; il faut également s’arranger de façon à obtenir une pression suffisante pour que l’eau monte à tous les étages. On ne peut plus se contenter d’un service de rez-de-chaussée.

Le réseau de canalisation se compose de conduites maîtresses, de conduites accessoires, et de conduites de service sur lesquelles se font les branchemens qui aboutissent aux orifices de puisage. Tantôt ce réseau est constitué par un tronc commun qui se divise en branches régulièrement décroissantes : il porte alors le nom de réseau ramifié, tantôt il se compose de conduites périphériques dites de ceinture et de conduites transversales. Leur ensemble forme un réseau maillé dans lequel l’eau n’a pas de sens déterminé. Cette dernière disposition est généralement préférée parce qu’elle répartit plus également la pression, et qu’elle n’expose pas, en cas d’accident, à l’interruption du service dans tout un quartier.

Autrefois tous les tuyaux de conduite étaient en plomb ; on n’y a plus recours aujourd’hui que pour les branchemens de prise qui vont aux maisons, pour les colonnes montantes et la distribution intérieure. C’est le seul métal qui soit assez flexible pour s’accommoder à toutes les courbures. Il est précieux pour les raccordemens et les soudures, parce qu’il fond à une température plus basse que les autres ; mais il est toujours suspect aux hygiénistes. On redoute surtout les conduites mixtes de fer et de plomb parce que les deux métaux juxtaposés forment un couple