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Les eaux potables


L’eau et la chaleur sont les deux sources de la vie sur le globe, les deux agens d’où procède le monde organique tout entier. Il dépend de l’homme d’utiliser ces grandes forces de la nature et de les appliquer à la satisfaction de ses besoins et de ses goûts. L’eau surtout est à sa portée. Il s’en sert de mille façons ; et c’est une étude du plus haut intérêt que celle qui consiste à suivre cet élément précieux et redoutable dans ses transformations, dans ses usages économiques et industriels. Mais ces vues d’ensemble, avec leur développement, ne sauraient tenir dans les limites d’un article, et je me bornerai à envisager la question par son côté le plus étroit mais le plus pratique : je ne m’occuperai que de l’eau potable et de ses usages domestiques.

La nécessité, pour les populations, de disposer, en tout temps, d’une eau de bonne qualité et en quantité suffisante a été comprise à toutes les époques ; mais elle n’a été scientifiquement démontrée que de nos jours. On sait aujourd’hui que les maladies infectieuses que nous avons le plus à redouter, — et, en première ligne, la fièvre typhoïde et le choléra, — sont le plus souvent transmises par les eaux potables. On sait également que la santé des individus, comme celle des populations, a pour première condition la destruction immédiate de tous les foyers de fermentation putride où pullulent les microbes, et que la rigoureuse propreté que cette destruction exige ne peut être obtenue qu’en répandant l’eau à torrens dans les maisons comme dans les villes.

Ces notions nouvelles ont rendu les hygiénistes beaucoup plus sévères sur la qualité des eaux. On se contentait autrefois de leur bonne apparence et d’une analyse chimique. « Une eau peut