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Page:Revue des Deux Mondes - 1896 - tome 136.djvu/537

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réalité ne souffrent de ce qu’on les réunit, souffriraient-elles de ce que l’on-joindrait les transports, ou à l’industrie, ou au commerce, — dans l’espèce, au commerce, puisque l’industrie se suffit à elle-même ? — Transports et commerce joints font un chiffre de 19 872 ; le quotient électoral n’est pas encore atteint ; il y a donc lieu de recourir au classement des excédens, et, de par ce classement, les transports et le commerce, — troisième groupe, — ont le quatrième siège ; la force publique (en tant qu’elle vote), l’administration publique, les professions libérales et les rentiers (quatrième groupe), ont le cinquième siège.

En récapitulant, sur les cinq députés du Calvados, deux, dans ce système, seraient choisis par et parmi le groupe de l’agriculture ; un, par et parmi le groupe de l’industrie ; un, par et parmi le groupe du commerce et des transports ; un, par et parmi le groupe de la force publique, de l’administration publique, des professions libérales et des personnes vivant exclusivement de leurs revenus.

Passons à présent de l’ouest à l’est. Les Ardennes ont quatre députés, pour 87 739 électeurs inscrits ; mais les mêmes causes d’erreur font que nous sommes forcés de raisonner comme s’ils étaient 102 098, chiffre total de la population professionnelle masculine et adulte. Le quotient de répartition des sièges entre les professions, dans ce département, serait alors de 25 502. L’agriculture : 32 298, aurait de droit un député ; l’industrie, un aussi : 45 978.

Mais une plus grande difficulté se rencontre, qui ne nous avait pas encore arrêtés. Même en formant deux groupemens du second degré, l’un avec les transports et le commerce, l’autre avec la partie votante de la force publique, l’administration publique, les professions libérales et les rentiers, on ne parvient pas, — il s’en faut de beaucoup, — à atteindre le quotient électoral ; le premier de ces groupemens ne monte qu’à 11 532 et le second qu’à 11 710. — Et l’embarras augmente, par ce fait que l’industrie, pourvue déjà d’un député après la répartition au quotient plein, offre, en outre, un excédent de 20 476 voix ; et qu’il serait parfaitement injuste qu’avec 45 978 voix, — près de deux fois le quotient électoral, — elle n’eût cependant qu’un représentant, tout comme les transports et le commerce ou comme les autres professions qui, réunies, ne montent pas même à la moitié de ce quotient.

C’est une difficulté sérieuse, on le reconnaît et l’on ne cherche pas à l’atténuer ; sérieuse, mais non insoluble. Car on peut ajouter (et qu’y aurait-il, là encore, de contraire, soit à la logique, soit à la réalité ? ) les transports et le commerce : 11 532 électeurs, à l’excédent de l’industrie : 20 476 ; ce qui donne 34 008 voix, lesquelles