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De l’organisation du suffrage universel


VII. ESSAI D’APPLICATION A LA FRANGE DE LA REPRÉSENTATION RÉELLE DU PAYS [1]


La conclusion que l’on attendait doit maintenant apparaître tout entière : on voit quelle serait, selon nous, la solution à la crise de l’Etat moderne. Il semble du moins que, de l’aveu commun, quelques points soient déjà fixés. Par ce qui précède, il est acquis que l’Etat moderne traverse une crise décisive ; que la cause de cette crise est dans le transfert de la toute-puissance au suffrage universel inorganique et anarchique ; que le remède au mal ou l’atténuation du mal, étant donné que le suffrage universel est désormais le support et le moteur nécessaire de l’Etat, réside dans l’organisation de ce suffrage ; et que c’est à quoi aboutissent et la théorie et l’histoire. C’était donc la première partie de notre conclusion.

La seconde partie en a été que le suffrage universel pouvait être organisé sous différentes formes, mais qu’il ne devait l’être, dans l’État moderne, que sous une forme moderne ; qu’il doit demeurer ou devenir vraiment universel et égal, ne comporter ni

  1. Voyez la Revue des 1er juillet, 15 août, 15 octobre, 15 décembre 1895, 1er avril et 1er juin 1896.