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Page:Revue des Deux Mondes - 1896 - tome 134.djvu/928

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VI. — LE PERSONNEL

Le lecteur aura trouvé longue l’énumération des attributs que les lois ont conférés, l’un après l’autre, à l’Administration des postes et des télégraphes, et plus longue encore la série des changemens d’organisation ou de tarif que cette administration introduisait dans ses services, volens nolens, tantôt par suite de l’expérience qu’elle avait acquise, tantôt sous la pression de l’opinion publique. Et pourtant la liste que nous en avons donnée est loin d’être complète. Bien des détails d’exécution ont été omis dans cette étude, qui ne peut prétendre à être un guide du public pour les opérations qu’il accomplit au guichet d’un bureau de poste. Le travail de cette administration se chiffre aujourd’hui par des nombres formidables : elle manipule chaque année plus de 2 milliards de correspondances dont un tiers au moins en lettres closes, et 20 millions d’objets recommandés ; elle transmet 40 millions de télégrammes ; émet ou paye 30 millions de mandats ; recouvre à domicile une douzaine de millions de traites ; enregistre 4 millions de versemens ou remboursemens de caisse d’épargne. D’une façon générale, on peut dire que son trafic augmente de moitié tous les dix ans. Pour l’accomplissement de ces diverses obligations, ses comptables reçoivent ou payent plusieurs milliards du 1er janvier au 31 décembre, et ils versent au trésor public 210 millions de recettes et n’en retirent que 164 millions pour payer les dépenses de toute nature qu’en traîne cette vaste organisation.

Certains économistes se sont ingéniés à discuter les chiffres de recettes et de dépenses de l’Administration des postes et télégraphes ; les uns ont voulu démontrer que le bénéfice apparent de 52 millions qui en ressort est en réalité trop faible, notamment parce que c’est à tort que les 25 millions de subventions aux services maritimes figurent en entier à la charge de cette administration tandis que les paquebots rapides intéressent le commerce, les colonies, la diplomatie, plus encore que la poste aux lettres ; et aussi parce que le télégraphe et la poste transportent à titre gratuit toutes les correspondances des administrations françaises. D’autres prétendent, au contraire, que ce bénéfice disparaîtrait si l’on faisait état de ce que les chemins de fer fournissent de transports gratuits, de la dépense en frais d’installation inscrite aux budgets antérieurs et dont l’amortissement n’est pas compté, des pensions de retraite servies aux employés que l’administration congédie chaque année.