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Yokohama. D’abord mensuels, les départs eurent lieu de deux en deux semaines, de façon à alterner avec les départs des paquebots anglais dès que le canal de Suez fut ouvert à la navigation. Le développement progressif des intérêts français dans l’extrême Orient a motivé la création de nouvelles lignes concédées à la même Compagnie. Elle a maintenant un départ mensuel de Marseille pour l’Australie et la Nouvelle-Calédonie et aussi un départ mensuel de Marseille pour la côte orientale d’Afrique et Madagascar. Tous ces services d’Extrême-Orient lui valent une subvention d’à peu près 11 millions par an.

Il ne reste à mentionner qu’un service de paquebots de création bien plus récente : c’est la ligne occidentale d’Afrique, desservie mensuellement par des navires qui partent alternativement du Havre et de Marseille et visitent tous les ports du littoral africain, depuis Dakar jusqu’au Congo français. Les correspondances à destination de cette côte n’étaient acheminées, jusqu’en 1889, que sur les paquebots anglais. Entre temps, notre commerce y était devenu tellement actif que l’Administration des postes put s’assurer cette communication mensuelle pour une modique subvention de 500 000 francs par an.

Sur chacun de ces paquebots qui naviguent pour son compte, — à l’exception de ceux qui vont, sans escale intermédiaire, d’un port à l’autre, tels ceux d’Algérie et de New-York, — l’Administration des postes entretient un de ses employés, qui constitue en quelque sorte un bureau de poste naviguant, échange des dépêches à chaque relâche avec les offices étrangers ou coloniaux, distribue et prend en mains propres les correspondances des commandans de la marine de l’Etat, lorsqu’il s’en trouve sur son itinéraire, et même émet et paye des mandats d’articles d’argent au profit des passagers et de l’équipage du bâtiment qui le porte. Pour compléter cette organisation, l’administration française avait créé des bureaux de poste en quelques-unes des localités situées sur l’itinéraire des paquebots, d’abord dans les pays ottomans : à Constantinople, Smyrne, Salonique, Alexandrie, en vertu des capitulations ; puis, plus récemment, à Shanghaï, Tanger et Zanzibar. Des bureaux français de cette sorte ont même été quelque temps en activité à la Vera-Cruz et à Yokohama ; ils ont disparu depuis que le Mexique et le Japon ont adhéré à l’Union postale universelle. Notons encore que les paquebots français ne portent pas seulement les correspondances originaires ou à destination de notre pays ; ils reçoivent et distribuent, depuis leur départ jusqu’à leur retour, tout ce que les offices étrangers jugent utile de transmettre par leur intermédiaire. Nul n’ignore ce que