Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1896 - tome 134.djvu/906

Cette page n’a pas encore été corrigée


pour tout autre motif. Dès les premières années de la Restauration, de nouvelles voitures publiques se créèrent, la durée du trajet se raccourcit par l’effet de la concurrence et aussi parce que l’état des routes s’améliorait. C’est alors qu’apparurent les entreprises Gaillard, Touchard, Ducler, d’autres encore dont les noms ne sont pas tout à fait oubliés dans les villes qu’elles desservaient. Puis arrivèrent les chemins de fer, qui réduisirent toutes ces voitures publiques à ne plus être que des correspondais de petit parcours entre les gares et les localités voisines.

Entreprises de messageries et chemins de fer transportaient les petits colis à des prix variables suivant la distance ; ils avaient l’inconvénient de ne desservir que les localités situées sur leur itinéraire. L’administration des postes s’était désintéressée de cette source de trafic pendant plus d’un demi-siècle, quand, en 1856, elle se fit autoriser à recevoir les échantillons de marchandises. C’était d’une faible ressource pour le commerce, car le taux d’affranchissement était assez élevé pour éloigner les objets pesans sans valeur, et il eût été imprudent de faire voyager des objets de valeur par la poste sans aucune garantie de bonne réception. En 1873, une loi étendit la recommandation qui existait déjà pour les lettres à tous autres objets tels qu’imprimés, échantillons, et en même temps elle autorisa l’envoi de valeurs cotées en boîtes jusqu’au maximum de 10 000 francs. Les bijoutiers qui ne savaient jusqu’alors comment expédier leurs marchandises recevaient toute satisfaction ; les commerçans d’autres professions, dont les remises ont en général peu de valeur marchande sous un grand poids, n’avaient d’autre ressource que le chemin de fer, dont le tarif restait proportionnel à la distance et par conséquent fort élevé lorsqu’il s’agissait d’une expédition lointaine.

Divers Etats voisins de la France avaient organisé un service de colis postaux, c’est-à-dire que des colis de faible poids étaient reçus dans les bureaux de poste, transportés par les courriers et distribués par les facteurs en même temps que les lettres. Bien que cette organisation fût une cause de dépense et d’embarras, en raison des frais de manutention et de transport, le public en recueillait un tel profit que, sur la demande de plusieurs administrations étrangères, le bureau international de l’Union postale (on verra plus loin quel est le rôle de ce bureau) provoqua la réunion d’une conférence pour en étendre le bénéfice aux relations internationales. M. Cochery accepta avec empressement que cette conférence fût tenue à Paris. Il ne se dissimulait pas qu’il lui serait impossible d’imposer cette nouvelle charge au service qu’il dirigeait. N’eût-il pas reculé d’ailleurs devant l’accroissement de