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Page:Revue des Deux Mondes - 1896 - tome 134.djvu/420

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La Cour d’Assises de la Seine


III. LE PRÉSIDENT DES ASSISES. — LE DUEL ORATOIRE [1]


I

L’audience est suspendue : des groupes animés se forment dans la salle, qui s’emplit d’un bourdonnement de ruche. Le public raisonne, discute ; il loue ou blâme les témoins, l’accusé, le président. Que le lecteur se glisse avec nous au milieu de ces groupes. Les propos volent, légers, impertinens, instructifs ou blâmables : écoutons-les. Voici qu’un étranger, désireux de s’instruire, chambre dans ce coin sombre un jeune stagiaire :

— Qui est le président ?

— C’est un conseiller à la Cour d’appel ; le Parquet l’a choisi pour présider quelques sessions d’assises. Je le connais bien, mais son nom m’échappe en ce moment.

— Comment ! c’est le Parquet qui nomme les présidens d’assises ?

— S’il ne les nomme pas, du moins il les indique.

— Ainsi l’accusateur, qui est partie au procès, peut désigner lui-même son juge !

— C’est étrange peut-être, mais cela est ainsi.

— Vous dites qu’on choisit les présidens d’assises parmi les conseillers. C’est sans doute un corps de magistrats profondément versés dans l’étude du droit criminel ?

  1. Voyez la Revue des 1er novembre 1895, 1er janvier 1896.